Débat / Rencontre "Le sport : Révolution pour l'économie de santé ?"

 

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Mardi 18 Septembre 2012, a eu lieu le  débat/rencontre « Le sport : Révolution pour l’économie de santé ? »,  organisé par la Fondation du Sport Français en collaboration avec l’IMAPS et le CNOSF.

Madame la Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie Associative, Valérie Fourneyron, a ouvert la discussion devant 170 invités.

Étaient présents dans la salle : des représentants de fédérations , des journalistes, des mutuelles, des médecins, ainsi que des porteurs de projets.

En prélude des journées « Sentez vous sport », les acteurs du sport et de la santé, Alain Calmat, Jacques Lalanne, Thierry Beaudet, Christian Jeambrun, Martine Duclos, ont débattu autour de cette thématique.
Ce sujet d’actualité a permis aux intervenants de démontrer que la pratique de l’activité physique et sportive réduisait considérablement les problèmes de santé, et pourrait contribuer à la baisse des dépenses de santé à long terme.

Retrouvez dès à présent des extraits des prises de parole de chaque intervenant ainsi que les échanges avec le public qui ont animé cette rencontre.

 

Denis Masséglia

Discours d’ouverture du débat/rencontre par Denis Masséglia, Président du CNOSF

 

Valérie Fourneyron

Intervention de Valérie Fourneyron, Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie Associative

 

Edwige Avice

Intervention de Edwige Avice, Ancien Ministre des Sports et Présidente de la Fondation du Sport Français-Henri Sérandour.

Le sport : révolution pour l’économie de la santé
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(format PowerPoint)

 

 

Alain Calmat

Intervention de Alain Calmat, Président de la commission médicale du CNOSF

« Il faut que l’activité sportive soit en définitive presque prescrite et remboursée. Car si elle n’est pas remboursée, elle ne sera pas prescrite, et pour qu’elle soit prescrite, il faut effectivement qu’elle soit identifiée. Tout le problème qui se pose au mouvement sportif que je représente, c’est d’aider ceux qui ont en charge de faire faire du sport à organiser des protocoles d’activités adaptées aux problèmes de prévention primaire et tertiaire. »

« Quelle est la place de l’activité physique et comment doit-elle être dispensée ? On dit : il faut faire de l’activité physique 30 mn par jour, cinq jours par semaine. Il y a ce qu’on appelle la « bougeothérapie » : marcher, monter les escaliers… C’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Car pour que ce soit efficace, il faut qu’il y ait une certaine intensité. »

« Quel est le rôle du mouvement sportif ? Le rôle du mouvement sportif c’est de permettre au médecin de connaitre la discipline que la personne souhaite pratiquer, de connaitre ses caractéristiques physiologiques, ses inconvénients etc. Pour cela, il faut que les fédérations, par l’intermédiaire de comités sport santé(…), créent des protocoles adaptés. »
« Nous venons d’organiser un pôle ressource comprenant 4 binômes : sport et cancer,  sport et obésité-diabète, sport et maladies cardiovasculaires et sport et vieillissement. Ces binômes  aideront les fédérations pour justement créer ces protocoles, afin que ces protocoles soient définis, reconnus, et éventuellement opposables à la fois sur le plan scientifique mais également économique. Et si les mutuelles et la Sécurité sociale reconnaissent ces protocoles comme étant efficaces et valables, nous aurons réussi notre tâche. »

Jacques Lalanne

Intervention de Jacques Lalanne, adjoint à la direction nationale déploiement Santé Active, Assurance Maladie

« Le dispositif Santé Active consiste à rendre l’assuré acteur de sa santé »
C’est un dispositif complet de services, d’outils et d’actions permettant de :

  • Prendre en charge sa santé au quotidien
  • Modifier ses habitudes
  • Avoir un comportement de manière à avoir des habitudes saines

La prévention vue par les Français aujourd’hui :

« 67% des Français associent la prévention santé à un comportement alimentaire mais seulement 10% à l’activité physique régulière. 52% déclarent faire plus attention à leur alimentation, seulement 22% déclarent pratiquer plus régulièrement un sport. Donc il y a des freins de toutes natures : informationnels, socioculturels, éducationnels, environnementaux… qu’il faut dépasser. C’est un préalable à toute action et en cela, notre réponse est véritablement : segmentation, ciblage, proximité, terrain. »

Thierry Beaudet

Intervention Thierry Beaudet, Président du Groupe MGEN

 

« Quelles sont les motivations à agir des mutuelles ? »

« Rappel de l’objet social de la MGEN : Favoriser le développement culturel, moral, intellectuel et physique de ses membres et l’amélioration de leurs conditions de vie. Pour nous, le sujet majeur c’est en effet la santé. Le sport  ou la pratique physique adaptée, c’est une révolution pour la santé de tous avant d’être naturellement une question purement économique. »

« Pour changer d’échelle quand on est une mutuelle, nous avons besoin de partenaires. Nous avons besoin des professionnels de santé. Un organisme comme le nôtre ne va pas se substituer à la responsabilité des professionnels de santé (…) On a besoin du monde sportif (…) il faut que chaque discipline s’engage, il faut qu’elle nous dise ce qu’elle peut apporter dans telle ou telle pathologie, il faut qu’elle nous dise quelles seront les conditions de pratique adaptées qu’elle propose, il faut qu’elle nous dise concrètement quel sera l’encadrement, dire comment tout ça sera évalué. Cette condition est indispensable si on veut « prescrire » de l’activité physique adaptée de manière sérieuse et si on veut généraliser. Il faut que le monde sportif s’engage, le monde associatif, les réseaux de patients… Si tous ces gens là s’engagent de manière structurée, organisée et massive, alors nous les complémentaires, dans un objectif de généralisation on pourra avec vous cartographier les réseaux ressources sur lesquels on pourra s’appuyer et, de manière systématique, on pourra naturellement envoyer nos adhérents vers ces structures. »

 

« Même mutualistes, nous sommes aussi des assureurs. Comme assureur, il faut investir davantage dans des études qu’on qualifiera de médico-économiques ou d’actuarielles (…) parce que l’assureur se posera à un moment donné deux questions : quelle tarification pour ces garanties si on veut inscrire l’activité physique ou sportive dans les garanties assurantielles ? Et quels sont les bénéfices économiques attendus ? »

Christian Jeambrun

Intervention du Docteur Christian Jeambrun, Président du Syndicat des Médecins Libéraux (SML)

  « Comment l’assurance maladie met-elle en place un tel système sans intéresser les médecins libéraux ? Et pourtant, vous voulez vous appuyer sur eux puisque vous parlez de prescription. »

« J’ai des patients sportifs de haut niveau motivés. En tant que médecin du sport, je sais à qui les adresser, je sais comment les conseiller. Mais quand j’ai un patient fatigué, en surpoids, avec une maladie cardiaque, ou un cancer, je me dis ce serait bien pour lui et plus gratifiant, plutôt que de prescrire toute une ribambelle de médicaments, de l’aider en lui faisant faire de l’activité physique. Mais mon problème c’est : où ? A qui ? Comment ? J’ai plein de questions. A qui dois-je le confier ? Comment le diriger ? Et sur quoi ? C’est vrai que vous avez parlé de réseau, mais ce sont des réseaux et on est encore un peu dans l’exception. Que devient-il après que je l’ai confié ? Qui va l’évaluer ? Et quand il revient, que je constate que ça marche ou que ça ne marche pas, j’aimerais savoir pourquoi. Je ne sais pas répondre à ces questions et l’ensemble des médecins du territoire sont je pense en sont également incapables. »

« Vous parlez beaucoup de médecins mais je voudrais insister sur le fait que tous les professionnels de santé sont concernés. On ne peut pas lancer de tels mouvements si on n’associe pas immédiatement depuis le départ le médecin, le podologue, le kiné, l’infirmière voire le pharmacien. »

« Il va falloir aussi que nous discutions sur le plan conventionnel pour faire ce que nous appelons au SML une consultation à valeur ajoutée. C’est-à-dire qu’effectivement, s’il y a prescription, il va falloir protocoliser. »

Martine Duclos

Intervention de Martine Duclos, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, chef du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand

« Je vais vous dire quel est l’enseignement dans le cursus obligatoire en médecine en activité physique santé, c’est 2 heures. 2 heures sur tout le cursus obligatoire. (…) Sur ces 2 heures qu’est-ce qu’on traite ? :
- Le certificat de contre-indication à la pratique sportive : donc qui ne doit pas faire de sport !
- L’alimentation du sportif de haut niveau
- et éventuellement pendant ces 2 heures, le rôle de l’activité physique »

« Les médecins ne sont pas formés. Effectivement, ils ont du mal à passer le message à leurs patients, ils connaissent le principe des 30 minutes d’activité physique par jour mais ils ignorent le fait que l’activité physique prévient de 50% des maladies cardiovasculaires, 30% des cancers etc., toutes ces données extrêmement importantes… »

« démarche de recherche en activité sportive et santé  est quand même incroyable, voici les étapes de son histoire :
1. On a d’abord montré que quand on met un malade à l’activité physique ce n’est pas dangereux pour lui
2. On s’est rendu compte ensuite que, au contraire, c’était efficace, que l’activité physique avait un rôle de prévention et, quand la maladie existait, elle diminuait la morbidité ou la mortalité
3. mais que faut-il faire en termes de durée et d’intensité ? Il y a un effet dose-réponse. Actuellement, la recommandation est de 30 minutes par jour mais dans un article qui vient de sortir, il est dit qu’avec seulement 15 minutes de marche par jour, on diminue la mortalité de 14%. »

 

 Échanges avec la salle

  • Pierre Pesquies – Rédacteur en chef de la revue Sciences et Sports

     

« Les médecins ont par ailleurs besoin de plateaux techniques pour évaluer les malades et prescrire de l’activité physique. Ma question est simple : où peut-on trouver les ressources économiques qui nous permettront de monter ce genre de structure ? »

  • Colette Andrusyszyn – Vice-présidente de l’Union Nationale des Clubs Universitaires et Présidente de la commission sportive, administratrice du CNOSF

 

 

« Comment va-t-on très rapidement prendre en compte, dans les territoires, les structures qui déjà s’engagent ? Je demande aux mutuelles et aux assurances de se positionner sur ce qui se fait, par exemple en Allemagne, où non seulement on fait de la prescription, de la communication, du soutien financier, mais où les mutuelles ont compris qu’elles devaient investir dans les grands équipements sportifs, structurants. »

 

  • George Vanderchmitt – Association Peace and Sport

 « On ne peut pas envisager réellement que le sport santé soit une cause nationale demain s’il ne franchit pas les portes de l’école ou du lycée. Deux questions : y a t-il au niveau interministériel une action, une réflexion ? Quelqu’un dans cette salle a-t-il les clés pour percer les murs de l’école et du lycée ? »

  • Michèle Causse Haumesser – Médecin fédéral de la fédération EPMM, Sport pour tous Témoignage


  • Jean-Pierre Davant – Président de l’Imaps, Président de la Mutuelle des sportifs

Fondation du Sport Français: Le sport révolution… par FondationHenriSerandour

 

« En premier lieu, et tout à fait indépendamment des propos tenus, je tiens à souligner que l’organisation par le ministère des sports, le CNOSF, la Fondation du Sport Français et l’Imaps, d’un colloque, ici, dans la grande maison du sport français sur le thème « le sport : révolution pour l’économie de santé ? », est un événement majeur.

« Nous sommes au début d’une histoire dont les développements peuvent modifier considérablement les habitudes de vie de nos concitoyens et par voie de conséquence notre économie de santé.
Notre système de santé connait depuis plusieurs années de graves difficultés jamais résolues qui mettent en péril son existence même. Aucune initiative pour le moderniser, le rendre plus efficient, plus accessible à tous, plus engagé dans les actions de prévention et au final moins dispendieux ne doit être négligée. A l’heure où l’on évoque une possible augmentation des recettes qui inévitablement pèsera sur le pouvoir d’achat, il me semblerait logique de mettre en œuvre toutes les actions qui visent à mieux dépenser. C’est le cas de l’activité physique qui peut accroître notablement le niveau de santé de l’ensemble de la population. Ensemble de la population signifiant ici tous les âges de la vie et quel que soit l’état de santé.
Comme l’a parfaitement souligné le débat auquel nous venons d’assister – les bienfaits de l’activité physique adaptée aux différents âges et situations de santé qui ponctuent le cours d’une vie – ne sont plus scientifiquement et médicalement discutables. C’est vrai en France comme dans l’ensemble des pays dits riches où les métiers et les habitudes de vie convergent pour une plus grande sédentarisation à l’origine de multiples pathologies. »

« Le temps est donc venu de passer de la parole à l’action.

C’est ce que font les grandes fédérations sportives qui développent dans leurs clubs le concept de sport santé ; c’est ce qu’on fait les mutuelles qui ont créé l’Imaps ; ajoutons à cela plusieurs initiatives locales qui participent à cette prise de conscience, mais de façon parfois dispersée. Le temps est donc aussi venu pour les pouvoirs publics  de donner le coup d’envoi, de faire en sorte que nos concitoyens puissent accéder à des lieux où l’activité physique est encadrée et parfaitement accessible à tous. »

« La question lancinante posée au cours de la table ronde est : comment fait-on pour envoyer dans ces lieux nos malades et nos mutualistes ? Nous avons choisi à l’Imaps de travailler avec le monde sportif et notamment les grandes fédérations sportives. L’Imaps essaye de connecter le monde médical, le monde mutualiste et le monde sportif. Et nous avons bâti en un an, avec certaines grandes fédérations sportives, un outil permettant de recenser l’ensemble des clubs qui ont une offre sport santé. Il y a à ce jour plus de 3000 clubs géolocalisés. Est-ce que c’est suffisant ? Sûrement pas ! »

 

« Nous avons déjà fait des propositions, l’Imaps, la MGEN, la Fédération d’Athlétisme, la CFDT :
Mise en place d’un observatoire de la condition physique chez les jeunes,
Mise en place d’un crédit d’impôt pour la prise en charge des frais de licence,
Mise en place d’un forfait de 150€ pour les affections de longue durée.
Est-ce que ce forfait serait vraiment choquant pour les personnes atteintes d’un cancer ou autre pathologie lourde, alors que l’on sait que l’activité physique ou sportive permet 50% de récidives en moins pour le cancer du sein, première pathologie mortelle chez la femme. On sait cela et on ne ferait rien ? Alors qu’on a prescrit du Mediator en France en sachant pertinemment que ce médicament n’était pas efficace et s’est même avéré au bout du compte dangereux. On ne ferait rien pour les personnes en ALD ? »
« Nous avons fait une proposition importante : l’intégration dans les contrats collectifs en entreprise d’un volet prévention par l’activité physique. Et moi j’ajoute, puisqu’on discute actuellement des contrats responsables : ne peut-on pas inclure dans ces contrats un volet prévention par l’activité physique ? C’est-à-dire qu’un contrat santé ne serait responsable que s’il comporte un volet prévention par l’APS. Si je vous interroge, Docteur, Thierry, vous êtes d’accord ? Tout le monde est d’accord, alors, il faut le faire !
J’ai bien entendu la ministre qui disait que mi-octobre, elle ferait une annonce concernant la santé et l’activité physique. J’espère que ce sera une annonce interministérielle, parce que c’est un sujet interministériel. Sachez que le mouvement social, mutualiste, une partie du mouvement syndicaliste représenté par François Chérèque,  le milieu médical, les fédérations sportives… nous sommes prêts à agir. J’attends la mi-octobre.
Merci. »





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